FlashForge AD5X : Test complet de l’imprimante 3D multicouleur polyvalente

Ça faisait un moment que je n’avais pas fait de test de machine, et cette fois GeekBuying m’a envoyé quelque chose d’assez intéressant : la FlashForge AD5X, une imprimante 3D multicouleur 4 bobines avec un système de gestion des filaments qui sort un peu des sentiers battus. Pas d’AMS, pas de CFS, pas de gros boîtier externe alimenté… FlashForge a pris une autre direction avec leur système IFS (Intelligent Filament System), intégré directement à la machine.

Est-ce que c’est une bonne idée ? Est-ce que ça marche vraiment ? C’est ce qu’on va voir ensemble.

Déballage et montage

Première bonne surprise à l’ouverture du carton : la machine est bien protégée, mousses et sac plastique au rendez-vous. FlashForge a également pensé à inclure plusieurs échantillons de filament pour pouvoir tester le multicouleur directement — une attention qu’on n’a pas toujours avec ce type de machine.

Le montage se résume à trois étapes :

  • Installer l’écran (attention, la prise USB se place côté droit !)
  • Clipser les supports de bobine sur le châssis
  • Fixer le module IFS

C’est tout. Les tubes PTFE sont déjà pré-assemblés en un seul bloc, il suffit de l’emboîter dans la tête et de serrer la petite vis de sécurité. On retire ensuite les trois vis de transport (des petites flèches vous indiquent leur emplacement), et c’est parti pour la calibration automatique — comptez environ un quart d’heure pour que la machine fasse tous ses tests : buse, plateau, palpation, etc.

En résumé : c’est du vrai plug & play. Je n’ai pas eu besoin de sortir une notice, tout est intuitif.


Tour de la machine

Format et encombrement

On est sur un plateau de 220 x 220 x 220 mm, ce qui est du standard. La machine est relativement compacte, mais les bobines placées sur le côté ajoutent de la largeur. Personnellement je trouve ça bien pensé : ça évite les machines qui tapent leurs bobines à l’arrière, et surtout ça évite les gros boîtiers type AMS/CFS qui prennent énormément de place sur le bureau et qui nécessitent une alimentation dédiée. Ici, rien de tout ça — les supports de bobines sont passifs, avec un système de ressort intelligent qui permet au filament de reculer proprement lors des changements.

Un détail sympa : les supports acceptent des bobines de différentes tailles sans aucun problème. J’ai testé avec des bobines Prusa (étroites), Creality et MecPw (plus larges) — aucun souci dans les trois cas.

Le système IFS — l’alternative aux AMS

C’est clairement le point central de cette machine. L’IFS (Intelligent Filament System) est un petit boîtier compact connecté à la machine par câble, dans lequel on rentre les quatre filaments. Pas d’alimentation externe, pas de moteur sur les supports bobines. Le principe est simple : les extrudeurs de la machine tirent le filament, et le ressort des supports gère le retour lors des rétractations.

Sur le papier, ça paraît presque trop simple. En pratique, ça fonctionne vraiment bien — et ça a l’avantage de prendre bien moins de place qu’un système AMS classique.

Un point que FlashForge met particulièrement en avant : la compatibilité TPU multicouleur. C’est quelque chose d’habituellement difficile voire impossible avec les AMS traditionnels où le filament souple se coince régulièrement. Je n’ai malheureusement pas pu tester cette fonctionnalité faute de matériau sous la main, mais si ça tient ses promesses, c’est un vrai argument différenciant. Si vous avez déjà testé du TPU multicouleur sur ce type de machine, vos retours sont les bienvenus en commentaires !

Connectivité

La machine propose WiFi, Ethernet (RJ45) et USB. Petite subtilité à connaître : si vous utilisez le câble RJ45, il faut activer le mode « LAN uniquement » dans les paramètres réseau — si vous restez en WiFi, ce bouton doit rester désactivé. Une sécurité est également prévue pour l’ajout de la machine dans le logiciel : un code de sécurité est affiché sur l’écran de la machine et vous est demandé lors de la première connexion. Pas révolutionnaire mais c’est une bonne habitude.

La tête d’impression — système magnétique

C’est un des détails qui m’a le plus plu. Tout est magnétique : le cache de la tête, le ventilateur (avec un connecteur, pas de câble à arracher si ça tombe), et la tête elle-même. Retirer la tête pour une maintenance ou un remplacement de buse se fait en quelques secondes, sans risquer de casser quoi que ce soit. La buse est disponible en 0,4 mm par défaut, avec des options 0,25 / 0,6 / 0,8 mm.


Le slicer — Flash Studio

FlashForge utilise une version modifiée d’OrcaSlicer appelée Flash Studio. Si vous avez déjà utilisé OrcaSlicer ou BambuStudio, vous vous sentirez immédiatement à l’aise — l’interface est pratiquement identique.

Quelques points à noter :

  • Les profils matériaux sont bien configurés d’usine, j’ai utilisé exclusivement le slicer de FlashForge pour tous mes tests.
  • Les diamètres de buse disponibles vont du 0,25 au 0,8 mm (le 0,2 n’est pas présent).
  • La gestion des couleurs est fonctionnelle mais il manque encore un bouton de synchronisation entre les couleurs configurées sur la machine et celles affichées dans le logiciel — il faut actuellement les ressaisir manuellement. D’après mes échanges avec le SAV, c’est une amélioration prévue prochainement.
  • L’ajout de la machine sur le réseau est simple : elle apparaît automatiquement si elle est sur le même réseau, et on renseigne le code de sécurité.

Résultats d’impression

J’ai volontairement évité les tests classiques « vase mode » et autres pièces décoratives sans intérêt pratique. À la place, j’ai imprimé des pièces qui me servent réellement, avec quelques tests multicouleurs fournis par la machine.

Qualité générale

Les impressions sont propres et régulières. Pas de spaghetti, pas de décalage, pas de mauvaises surprises. La structure CoreXY assure une bonne stabilité même en montant la vitesse.

Vitesse

La machine peut atteindre 300 mm/s en vitesse d’impression (600 mm/s en déplacement) — et elle le fait sans broncher. Elle est vraiment très nerveuse, les accélérations sont impressionnantes (jusqu’à 20 000 mm/s²). Pour des pièces pratiques, ça change vraiment la donne en termes de temps d’impression.

Multicouleur et déchets de purge

J’ai imprimé deux pièces multicouleurs : un Benchi avec changement de couleur par hauteur de couche, et un modèle plus complexe avec du vrai multicouleur par zone. La qualité du résultat est là, les transitions sont nettes.

Bonne remarque ! Voici le passage corrigé :


Comme sur toutes les machines de ce type, le multicouleur génère des déchets de purge (tour de purge + purge directe). Pour vous donner une idée concrète : le modèle complexe pesait 16 g — et la purge générée pour sa réalisation atteignait 202 g de déchets. Soit plus de 12 fois le poids de la pièce elle-même.

C’est la réalité du multicouleur multi-zones, quelle que soit la marque. Ça marche très bien, mais il faut en être conscient avant de se lancer dans des impressions multicouleurs complexes à tour de bras.

Le « test raté qui n’a pas raté »

J’avais préparé des impressions censées planter pour vous montrer les limites de la machine. J’ai notamment imprimé de l’ASA sur une machine ouverte, ce qui normalement est une mauvaise idée (risque de warping, chute de température). Résultat : aucun problème. Les pièces étaient de petite taille, certes, mais ça m’a quand même surpris.


Mon avis — Le bon comme le mauvais

✅ Les points positifs

  • Prix attractif : disponible à un bon prix sur GeekBuying, régulièrement en promotion — le lien est dans la description et en bas de l’article.
  • Montage ultra simple : vraiment plug & play, pas de prise de tête.
  • Système IFS compact : une vraie alternative aux AMS sans l’encombrement.
  • Bobines sur le côté : pratique et bien pensé.
  • Tête magnétique : maintenance rapide et sans risque.
  • Vitesse : elle est vraiment rapide et régulière.
  • SAV réactif : j’ai posé quelques questions techniques, les réponses sont arrivées rapidement.
  • Potentiel de customisation : la structure ouverte permet d’envisager des panneaux personnalisés.

❌ Les points négatifs

  • Bruit : c’est clairement son plus gros défaut. La machine est ouverte et très bruyante en fonctionnement. Pas question de la laisser tourner dans un bureau ou une pièce de vie. Pendant les changements de filament les ventilateurs s’arrêtent, mais le reste du temps c’est intense.
  • Prise USB un peu juste : avec les bobines en place, l’accès à la prise USB sur le côté de l’écran est un peu serré. Rien de bloquant, mais c’est dommage.
  • Slicer encore jeune : il manque quelques petits boutons pratiques (sync couleurs notamment). Ça devrait évoluer rapidement selon FlashForge.

Fiche technique complète

CaractéristiqueValeur
Volume d’impression220 x 220 x 220 mm
Vitesse d’impression max300 mm/s
Vitesse de déplacement max600 mm/s
Accélération max20 000 mm/s²
Température buse max300°C
Température plateau max110°C
PlateauFeuille PEI flexible magnétique
Diamètre buse (défaut)0,4 mm (options : 0,25 / 0,6 / 0,8 mm)
Épaisseur de couche0,1 à 0,4 mm
Nombre de couleurs4 (système IFS)
ConnectivitéWiFi / Ethernet / USB
Filaments compatiblesPLA, PETG, TPU95A, TPU64D-75D, PLA-CF, PETG-CF
NivelageAutomatique (1 clic)
Reprise après coupure✓ (taux de succès 99% annoncé)
Détection fin de filament
ÉcranTactile couleur 4,3 pouces
LogicielOrca-FlashForge / OrcaSlicer
Garantie12 mois

Où l’acheter ?

🛒 FlashForge AD5X sur GeekBuying : AD5X Sur GeekBuying


Conclusion

La FlashForge AD5X est une machine qui m’a agréablement surpris. Elle fait ce qu’elle promet : du multicouleur simple à mettre en œuvre, une vitesse impressionnante, un montage sans prise de tête et une qualité d’impression au rendez-vous. Le système IFS est une vraie bonne idée pour ceux qui veulent du multicouleur sans l’encombrement d’un AMS.

Son principal défaut reste le bruit — si vous travaillez dans un espace partagé ou une pièce de vie, prévoyez de la placer dans un local dédié. Le slicer est encore un peu jeune mais FlashForge semble actif sur le sujet.

Pour le prix, c’est difficile de s’en plaindre. Elle mérite clairement sa place dans la catégorie des imprimantes multicouleurs accessibles.

Et si vous avez été attentif à la vidéo… vous avez peut-être une idée du projet sur lequel je compte utiliser ces premières pièces imprimées. Devinez en commentaires ! 😉